Extase/ sous influence

Berne 1er mai 2019

Le Centre Paul Klee propose

Extase jusqu’au 4 août 2019. Au sous-sol, divisée en 7 chapitres, cette exposition illustre différentes formes de l’extase: l’ivresse, la religion, le sexe, la danse avec des oeuvres qui vont du XIXe siècle à aujourd’hui. Quelques artistes présentés ici: Andy Warhol, Marina Abramovic, Nan Goldin, Aernout Mik, Marlene Dumas, Martin Disler, Isadora Duncan, Ferdinand Hodler, Henri Michaux, Meret Oppenheim, Pawel Althamer, John Latham, Wolfgang Tillmans.

Il se trouve que je lis en ce moment un recueil d’essais de Milan Kundera, Les testaments trahis, qui réfléchit et vagabonde dans les domaines les plus divers. J’ai relevé quelques lignes dans lesquelles il parle de l’extase à propos de la musique rock. p.274 : « … la musique rock est exempte du péché de sentimentalité, elle est extatique, elle est la prolongation d’un seul moment d’extase ;…. Chose curieuse : grâce à la technique de reproduction sonore, cette musique de l’extase résonne sans cesse et partout, donc, hors des situations extatiques. L’image acoustique de l’extase est devenue décor quotidien de notre lassitude…. ». Ces remarques sur la banalisation de l’extase, révèlent une prise de distance dont on ne voit aucune trace dans l’exposition du centre Paul Klee, les divers chapitres sont évoqués au premier degré sans vraiment questionner, s’interroger sur une banalisation, une attente récurrente de l’exceptionnel.


La Maison rouge – fondation de Galbert, Paris

Sous influence, arts plastiques et psychotropes 15 février – 19 mai 2013

L’une des expositions les plus originales visible à Paris en ce moment est présentée à La Maison rouge – fondation de Galbert, Sous influence, artistes et psychotropes jusqu’au 19 mai. On connaissait l’image de l’écrivain carburant au whisky, mais dans les arts plastiques, on parle peu des méthodes de travail des artistes et des aides à l’inspiration auxquelles ils peuvent recourir. En plus des dessins sous mescaline d’Henri Michaux, souvent cités, dont on voit quelques exemples, l’exposition de la Maison rouge recense un certain nombre de cas chez les artistes d’aujourd’hui et chez ceux du XXe siècle. Elle ouvre un champ large qui va de la perception modifiée sans que des produits soient concernés, un corridor de Carsten Höller, une anamorphose de Markus Raetz à des allusions directes: un joint des frères Chapuisat ou la fascination que les médicaments exercent sur Damien Hirst, les témoignages photographiques de Nan Goldin ou les performances sous psychotropes de Francis Alÿs.

On va de l’évocation d’expériences personnelles à des observations sociologiques ou même à un herbier des plantes psychotropes réalisé par Herman de Vries.

Patrick Schaefer l’art en jeu 15 mars 2013