Archives de catégorie : cinéma

Art en Suisse

Les tentatives de faire le point sur une époque ou une tendance de l’art en Suisse sont assez rares. Je rassemble sur cette page quelques cas, à l’occasion de l’exposition Swiss Pop Art au Kunsthaus d’Aarau.

Aarau 26 juillet 2017

Le Kunsthaus d’Aarau fait le point sur la Suisse et le Pop Art jusqu’au 1er octobre. Une réflexion historique, mais une présentation légère et joyeuse qui a su faire ressortir l’esprit d’artistes jeunes  dont beaucoup sont devenus très connus, (Peter Stämpfli, Urs Lüthi, Markus Raetz, par exemple), en approfondissant certains aspects de leur première expression tonitruante. On sent bien qu’il s’agissait pour tous de casser le cadre, Continuer la lecture

Teresa Hubbard / Alexander Birchler

Le pavillon suisse à la Biennale de Venise 2017, présente des travaux de Teresa Hubbard et Alexander Birchler sur le thème Femmes de Venise. Je transfers un article sur ces artistes sur la nouvelle version du site.

Flora 2017

Dans le pavillon suisse sous le titre Femmes de Venise, on nous raconte aussi une histoire. Partant du constat qu’Alberto Giacometti n’a jamais exposé dans ce bâtiment pourtant construit par son frère Bruno, on découvre une double exposition. Dans la cour les sculptures de Carol Bove, dans la salle un film de Teresa Hubbard et Alexander Birchler,

Le couple joue sur la dramatisation et l’on ne sait ce qui est vrai ou imaginé. L’histoire de Flora Mayo qui aurait été l’amie d’Alberto pendant quelques années est racontée par son fils David. Il n’y a qu’une bande sonore, mais deux films, il faut prévoir une heure pour voir les deux versants. D’un coté, une reconstitution de la vie de Flora par une actrice et de l’autre David faisant son récit aux Etats-Unis, puis en Suisse. Si l’on écoute bien, on déduit qu’il serait le fils d’Alberto ?


Teresa Hubbard / Alexander Birchler No Room to Answer

Le Kunsthaus d’Aarau consacre une rétrospective à Teresa Hubbard (1965) & Alexander Birchler (1962), jusqu’au 8 novembre 2009. Continuer la lecture

Jardins, mythe de la fleur

Collection d’arrosoirs dans l’exposition Jardins, Paris mars 2017

Paris 30 septembre 2021: Musée du Petit Palais: Jean-Michel Othoniel, le théorème de Narcisse  28 septembre – 2 janvier 2022.

Depuis 1997 Jean-Michel Othoniel (1964) travaille le thème du collier réalisant des perles en verre de Murano. Ici on retrouve ces colliers, mais aussi divers assemblages de briques colorées toujours en verre qui investissent les escaliers du Petit Palais, certaines salles et le jardin. L’exposition est divisée en trois parties: la rivière, le jardin et la grotte, 70 sculptures sont ainsi réparties.


Paris Grand Palais Jardins jusqu’au 24 juillet 2017. Sous ce titre, on nous propose une vaste présentation qui associe art contemporain et ancien dans une approche thématique. Tout en affirmant vouloir dresser une histoire du jardin, elle rassemble en effet des pièces rarement vues comme des plans de jardin, l’exposition s’appuie en grande partie sur des oeuvres qui appartiennent à l’histoire de la peinture, notamment l’art contemporain. L’exposition s’ouvre par une confrontation entre Giuseppe Penone et Albrecht Dürer. La seconde pièce sous le titre Humus, montre des toiles de Jean Dubuffet. Avec les espaces suivants intitulés Botanique et Arboretum, on découvre des herbiers, des livres illustrés de gravures, une xylothèque, mais aussi des photos de Jeff Wall, Rodney Graham, ou les travaux de Herman de Vries. Plus loin ce sont des bijoux inspirés par la nature. Dans une section intitulée « Jardiniers », on découvre une vaste collection d’arrosoirs et d’outils. Au rez, dans les sections Allée et Bosquet, on évoque les jardins à la française, leurs plans et de grandes peintures montrant des châteaux, avec bien sûr également le film de Peter Greenaway, Meurtre dans un jardin anglais. Tout d’un coup, on découvre une salle entière consacrée aux photographies de Wolfgang Tillmans. Continuer la lecture

Cy Twombly

Paris 7 décembre 2016: Centre Pompidou jusqu’au 30 avril 2017; Cy Twombly (1928 – 2011)

Le centre Pompidou consacre une rétrospective à cet artiste devenu un véritable objet de culte, en présentant, toiles, dessins, sculptures et photographies. La rétrospective Twombly est judicieusement complétée par les photographies de graffiti de Brassai dans la galerie du sous-sol consacrée à la photographie, qui permet de retrouver le contexte d’une sensibilité caractéristique des années 1950. Continuer la lecture

Festival d’Avignon dès 2001

Avignon juillet 2017

Avignon du 18 au 21 juillet. Vu quatre spectacles du in et trois du off, plus une lecture: le ventre de l’Atlantique de Fatou Diome, adaptation d’un roman du Sénégal, et une installation de Katie Mitchell, autour d’Ophélie dans Hamlet, à la maison Jean Vilar.

Les spectacles vus ne correspondent pas toujours à un premier choix, on doit s’accommoder des disponibilités. Ainsi cette année, je me suis retrouvé avec trois billets pour des présentations chorégraphiques et un seul pour une production théâtrale. Comme c’est la tradition le français n’est guère présent et deux spectacles étaient en néerlandais, mais d’autres étaient en allemand, en italien ou en portugais.

Commençons par le théâtre Ibsen Huis mis en scène par Simon Stone et une troupe d’Amsterdam, Toneelgroep, cette troupe présentait également les Bonnes de Jean Genet dans une mise en scène de Katie Mitchel (pas vu)l. Un travail de trois heures qui retient des éléments de plusieurs pièces d’Ibsen, en particulier Solness le constructeur. Disons qu’en ne gardant que le côté réaliste d’Ibsen et en laissant tomber la partie symboliste, fantastique de l’auteur norvégien, Simon Stone nomme ce qui n’est que suggéré. Cette interprétation lui donne une actualité singulière, elle en fait une parole plus militante que littéraire. Le metteur en scène a frappé un grand coup en plaçant une maison design moderne au centre de la cour du lycée Saint-Joseph, l’effet est étonnant. Les acteurs évoluent à l’intérieur de cette maison vitrée et n’ont pas de contact direct avec les spectateurs.

Ayant assisté à une discussion avec les acteurs, ces rencontres avec les acteurs sont très utiles, on a appris qu’ils ont travaillé au fur et à mesure, le metteur en scène n’avait pas texte prêt à l’avance, il s’est construit avec les répétitions.

Borderline, Guy Cassiers et Maude Le Pladec, est basé sur un texte de Elfriede Jelinek, les Suppliants, consacré aux réfugiés.

The Great Tamer, un metteur en scène Grec, Dimitris Papaioannou, qui a fait la cérémonie des jo d’Athènes en 2004. Travail de mime, tableaux vivants, référence aux métamorphoses d’Ovide. Musique de valse pas très originale. On pense un peu aux Mummenschanz.

Kalakuta Republik, chorégraphie de Serge Aimé Coulibaly, Burkina Faso, cloître des Célestins. Musique enregistrée.

A la maison Jean Vilar présentation de vidéos de Katie Mitchell montrant l’interprétation de différentes versions de la mort d’Ophélie dans Hamlet.

Exposition à l’église des Célestins du peintre Ronan Barrot né en 1973 dont les figures sur fond rouge illustrent l’affiche et tous les documents du festival, il expose à la galerie Claude Bernard.

Dans le off : Mouawad, les assoiffés.

Mikhail Boulgakov biographie de Molière (le in proposait au début du festival une interprétation de Frank Castorf de cette pièce en 6h.

Shakespeare Romeo & Juliette.

Avignon juillet 2016

Retour à Avignon pour les derniers jours du festival in, qui s’achève le 24 juillet 2016 . Par contre le off dure encore une semaine. J’ai ainsi pu voir tranquillement trois pièces lundi et mardi matin, car il y a tout de suite moins de monde. Concernant le off, il me semble que les tractages étaient moins nombreux, peut-être pour des raisons de sécurité, par contre les spectacles sont toujours très nombreux.

J’ai vu six spectacles du in : Le premier vendredi 22 à 18h à l’Opéra d’Avignon  Espaece, d’après Espèce d’espace de Perec, un spectacle d’1h d’Aurélien Bory, sans paroles, à la croisée de l’installation artistique, de l’acrobatie et du mime, qui m’a paru excellent. Ensuite, c’est le gros morceau à 21h 30 à la carrière de Boulbon Karamazov, fantastique récit de 5h30 dans une mise en scène par Jean Bellorini, des mouvements sur rails, les acteurs regroupés dans de petits espaces, aucun ennui. Continuer la lecture

Manifesta 11 Zurich



Manifesta 11. What People do for Money jusqu’au 18 septembre 2016

Dans la foulée des célébrations du centenaire du  mouvement dada, la ville de Zurich a obtenu l’organisation de la biennale d’art contemporain Manifesta 11. Créée à l’origine pour renforcer les liens entre l’est et l’ouest de l’Europe, après la chute du mur, et qui s’est souvent tenue dans des lieux périphériques. Elle suit un schéma d’organisation qui est fixé et identique à chaque fois, en faisant alterner des lieux institutionnels et d’autres sites inattendus pour permettre un regard plus complet sur la ville hôte. Ce schéma se révèle à nouveau très positif.

Trois institutions ont mis leurs locaux à disposition pour cet événement la Kunsthalle, le Migrosmuseum et le Helmhaus;  un pavillon éphémère à été érigé sur le lac. Le thème de cette biennale dirigé par l’artiste allemand Christian Janowski, What People do for Money, fait que de nombreux travaux sont présentés dans des lieux inattendus, magasin, hôtel, hôpital, banque, université notamment. Pour comprendre la démarche, il faudrait idéalement voir tous les films projetés dans le pavillon du lac qui présentent les collaborations de trente artistes avec des personnes travaillant à Zurich, du pompier au dentiste ou au croque-mort, sans oublier le créateur de montres. Continuer la lecture

Francis Picabia

Francis Picabia, « Notre tête est ronde pour que nos pensées puissent changer de direction » jusqu’au 25 septembre 2016

Le Kunsthaus de Zurich présente une vaste rétrospective Francis Picabia dans le cadre des célébrations du centenaire du mouvement dada. L’exposition est réalisée en collaboration avec le Museum of Modern Art de New York et de nombreuses oeuvres proviennent des musées et des collections américaines. Elle présente des oeuvres de premier plan, souvent de grande dimension et permet de découvrir les facettes étonnantes d’un artiste incroyablement versatile comme le souligne l’aphorisme choisit en sous-titre de la rétrospective. Continuer la lecture

Markus Lüperz

Musée d’art moderne de la ville de Paris,

MarkusLüpertz, une rétrospective jusqu’au 19 juillet 2015.

Né en 1941, Markus Lüpertz devint une figure incontournable de la scène picturale allemande, appelée les nouveaux fauves, au début des années 1980. On le retrouve ici faisant le point sur toute sa carrière de peintre, sculpteur, décorateur de théâtre et d’opéra. Professeur à Düsseldorf, habillé avec la plus grande élégance, il joue avec les périodes de l’histoire de l’art, multipliant les référencces stylistiques et iconographiques

Dès le début de sa carrière il a placé son œuvre sous la marque du « dithyrambe, », l’ivresse de la peinture et en le voyant accompagner des amis dans son exposition parisienne ou dans le film qui lui est consacré, on sent que l’ivresse est toujours là.

Si le regard est rétrospectif, l’exposition débute avec des toiles récentes. Réunies sous le titre Arcadies, elles évoquent la peinture allemande du XIXe siècle.

La place de la peinture d’histoire chez les artistes allemands contemporains Anselm Kiefer, Sigmar Polke, Neo Rauch, Markus Lüpertz, Gerhard Richter, Georg Baselitz, on ne pense pas tout de suite à ce thème traditionnel en pensant à l’art contemporain, pourtant force est de constater qu’il est très présent chez les artistes mentionnés. Cela va de la mythologie à l’actualité, la notion d’histoire est étendue. Tous utilisent volontiers de grands formats pour s’exprimer, ils ont une approche multi-référentielle de l’Antiquité à la Renaissance, du maniérisme à Picasso!.

Louis Soutter

Paris, Maison de Victor Hugo: Louis Soutter / Victor Hugo. Dessins parallèles jusqu’au 30 août 2015. A la recherche d’artistes qui ont une pratique du dessin comparable à celle de Victor Hugo, le musée dédié à l’écrivain dans la maison qu’il occupait, place des Vosges, réalise une impressionnante exposition qui recherche les parallèles entre l’œuvre de Hugo et celle de Louis Soutter. Les prêts proviennent du musée des beaux-arts de Lausanne et de la Fondation Le Corbusier, mais aussi et surtout de collections privées. Elle offre des cheminements étonnants dans l’œuvre des deux atistes. Extrêmement subtile et raffinée dans la sélection des œuvres, Continuer la lecture